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Note de mise en scène
La première vision qui m’est apparue
en abordant la lecture du « Malade imaginaire » de
Molière a été celle d’un lit à baldaquin surdimensionné.
Je ne savais pas alors si ce choix
s’avérerait rationnel ou illusoire, mais cette sobriété
scénographique évoquait déjà en moi de multiples avantages
propices à mettre en scène le dernier chef d’œuvre comique de
Molière. La forte symbolique de ce lit allait de pair avec
l’idée que je me faisais du spectacle. Cette même idée pouvait
également se conjuguer avec les thèmes abordés par Molière mais
également, avec ceux enfouis dans l’inconscient collectif et que
suggère un lit : La naissance et la mort, l’amour et la
solitude, l‘apaisement et la souffrance et enfin le rêve et le
cauchemar.
L’autre choix reposait sur l’univers
dans lequel les personnages allaient évoluer et où les comédiens
seraient à même de mettre à profit leur créativité artistique
une fois leurs costumes endossés. Je choisis un univers baroque,
proche de celui d’un film de Tim Burton; Un monde où l’onirisme
est présent en permanence, un monde où les personnages se
mettent à rêver devant les spectateurs, un monde où la musique
peut accompagner les mots : Un monde qui m’est proche.
Je n’ai pas voulu dénaturer le
propos de l’auteur en construisant cette mise en scène. Au
contraire, je tenais à ce qu’elle s’efface derrière l’efficacité
des dialogues, mais tout en servant cette œuvre où drame et
farce se côtoient inlassablement. Je souhaitais enfin que ce
spectacle soit propice aux rires et à la réflexion des
spectateurs, je voulais non seulement créer un spectacle tout
public, mais avant tout, un spectacle pour tous les publics.
J’ai essayé, je l’espère, pour le
bonheur de tous de respecter Molière et son « testament moral »
: Il n’est pas plus grand vice pour l’homme que de se
prendre au sérieux.
Frank Biagiotti |